La poésie des (f)riches par Valère 

Catégorie : Documentaire

Sujet : Où vont les eaux bleues ?

Présentation 

Je me souviens bien de ce jour, en repas de famille. On échangeait sur la qualité de vie de telle ou telle métropole française et de ces fameux classements qu’on voit sortir une fois par an. Est-ce qu’il fait mieux vivre à Bordeaux, à Marseille, à Lille, à Rennes ou… à Nantes ? Ma soeur a choisi de vivre à Rennes, moi à Nantes.

Et que je le veuille ou non, j’espérais toujours que ma ville soit devant la sienne. C’est bête hein ?

Happée par un système voulant constamment faire la course à celui qui aura la plus grosse.

Heureusement, à Nantes, on avait une chose que Rennes ne pouvait pas nous voler : notre éléphant ! Un énorme pachyderme fait de bois et d’acier, qui roule et qui a pour unique fonction d’être lui-même, d’impressionner les promeneurs, d’arroser les gosses, et de balader les touristes. C’est pas tout ! On a aussi un carrousel, une galerie des machines, un jardin extraordinaire en construction et un futur arbre aux hérons.

Depuis, j’ai réalisé que le pachyderme, à part pour sortir tata Eugénie quand elle me rendait visite, n’avait aucune incidence sur ma qualité de vie. Donc quand un collectif a décidé de s’unir contre le projet qui venait grignoter leur quartier (et les subventions de la ville) à coups de bulldozer pour y déposer un arbre géant, j’ai eu envie d’entendre leurs mots, de comprendre leur vision de la beauté urbaine et d’écouter leurs rêves de vivre-ensemble.

J’ai repensé ma ville, mon rôle dans cette fourmilière, mes déplacements et mes envies. Voici ma balade nantaise, teintée des paroles de Luce et Laurence, qui rêvaient dur comme fer de conserver la magie de leur carrière.

Teasing 

La carrière Miséry, ça vous dit quelque chose ? Elle était réservée à ceux qui aiment se frayer un chemin entre les grillages, ceux qui cherchent à sortir des sentiers battus, à regarder la ville sous un autre angle. A Nantes, la compagnie La Machine vient de raser cette friche, pour en faire un “jardin extraordinaire”. Mais pour certains de ses habitants, l’extraordinaire vient de disparaître. C’est l’histoire de deux visions de la poésie urbaine, qui cohabitent sans se comprendre.